Marianne

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Méthodologie

Notre méthodologie explique comment est évalué le niveau de souveraineté numérique apparent des sites, à partir de critères techniques observables, pondérés selon leur importance, afin de rendre visibles les dépendances, les marges de maîtrise et les points de résilience numérique.

Méthodologie d’évaluation

Critères et pondération

L'outil propose une lecture simple d’une question souvent complexe : dans quelle mesure un site internet repose-t-il sur des solutions compatibles avec une démarche de souveraineté numérique ?

La note obtenue ne doit pas être comprise comme un jugement définitif. Elle sert plutôt d’indicateur. Elle permet d’identifier les dépendances techniques visibles d’un site : hébergement, nom de domaine, services tiers, outils externes, ressources chargées depuis d’autres plateformes, localisation des prestataires ou encore niveau de contrôle laissé au propriétaire du site.

L’objectif est de rendre ces informations compréhensibles, même lorsqu’elles relèvent habituellement de sujets techniques.

Ce que mesure la note

La souveraineté numérique d’un site ne dépend pas d’un seul critère. Un site peut utiliser une solution libre, mais être hébergé chez un prestataire extra-européen. À l’inverse, un site peut utiliser une technologie très classique, comme WordPress, tout en étant hébergé en Europe, avec peu de dépendances externes.

La note repose donc sur une approche globale. Elle tient compte de plusieurs éléments visibles depuis l’extérieur du site :

Ces critères permettent de comprendre où se situent les principales dépendances techniques d’un site.

Comment la note est calculée

La note est calculée sur 100 points.

La note repose sur 6 grands piliers, chacun ayant un poids différent dans le calcul final. Ces pourcentages indiquent l’importance de chaque famille de critères dans l’évaluation globale.

Pilier évalué Poids dans la note Ce que cela signifie
Dépendances externes 37 %

Ce pilier analyse tout ce que le site charge depuis l’extérieur : scripts, CDN, polices, outils d’analyse, services de paiement -> MANUEL, widgets sociaux ou ressources appelées depuis d’autres plateformes. Plus un site dépend de services tiers extra-européens, plus cette partie de la note est basse.

Hébergement 25 %

Ce pilier regarde où le site est réellement stocké et exécuté. L’hébergeur joue un rôle central, car il contrôle l’infrastructure principale du site. Un hébergement français ou européen est donc mieux valorisé qu’un hébergement dépendant d’une grande plateforme extra-européenne.

Fournisseur DNS 12 %

Le DNS est le service qui permet de relier un nom de domaine, comme exemple.fr, au serveur qui héberge le site. C’est une brique discrète mais essentielle : si elle dépend d’un acteur étranger, une partie importante du fonctionnement du site repose déjà sur ce prestataire.

Bureau d’enregistrement du nom de domaine 10 %

Le registrar est l’entreprise auprès de laquelle le nom de domaine est enregistré. Il ne gère pas forcément le site lui-même, mais il contrôle un élément stratégique : la propriété administrative du nom de domaine.

Certificat TLS 8 %

Le certificat TLS permet d’afficher le cadenas HTTPS dans le navigateur et de sécuriser les échanges entre le visiteur et le site. Ce critère permet d’observer quel acteur intervient dans cette couche de confiance technique.

Courriels - MX 8 %

Les enregistrements MX indiquent quels serveurs reçoivent les emails liés au nom de domaine. Ce pilier permet de savoir si la messagerie du domaine dépend d’un prestataire local, européen ou extra-européen.

Concrètement, chaque pilier reçoit d’abord une note, puis cette note est pondérée selon son poids dans le calcul final.

Par exemple, si l’hébergement obtient 100/100, il apporte la totalité de ses 25 points à la note finale. Si les dépendances externes obtiennent seulement 50/100, elles n’apportent que 18,5 points sur les 37 points possibles.

Cette méthode permet de mieux refléter la réalité technique d’un site. Une dépendance ponctuelle ne pèse pas autant qu’un choix d’hébergement, mais l’accumulation de nombreux services externes peut fortement dégrader la note. C’est pourquoi le pilier des dépendances externes représente la part la plus importante du calcul.

Chaque critère reçoit une pondération selon son importance. Tous les éléments n’ont pas le même impact. Par exemple, l’hébergement d’un site pèse davantage qu’une simple ressource externe isolée, car l’hébergeur contrôle l’infrastructure principale sur laquelle repose le site.

Un site obtient une meilleure note lorsqu’il s’appuie sur des prestataires européens, des solutions ouvertes, des services maîtrisés et un nombre limité de dépendances externes.

À l’inverse, la note baisse lorsque le site dépend fortement de grandes plateformes extra-européennes, de services propriétaires fermés, de CDN extra-européens, d’outils d’analyse imposés, de scripts tiers nombreux ou d’une infrastructure dont le propriétaire du site ne maîtrise pas réellement les choix.

Comment fonctionne la pondération des critères

La note finale n’est pas une simple moyenne où chaque critère aurait exactement le même poids.

Tous les éléments techniques d’un site n’ont pas la même importance dans une démarche de souveraineté numérique. Certains choix structurent presque toute l’infrastructure du site, tandis que d’autres ne représentent qu’un signal secondaire.

Par exemple, l’hébergement pèse fortement dans la note, car c’est lui qui détermine où le site est réellement stocké, exécuté et servi aux visiteurs. Un site hébergé par une grande plateforme extra-européenne ne présente pas le même niveau de maîtrise qu’un site hébergé chez un prestataire français ou européen.

À l’inverse, une ressource externe isolée, comme une police ou un petit script chargé depuis un service tiers, peut faire baisser la note, mais de manière plus limitée. Elle devient surtout problématique si elle s’ajoute à d’autres dépendances : CDN extra-européens, outil d’analyse américain, script publicitaire, paiement externalisé, widgets sociaux, etc.

La pondération permet donc de distinguer les dépendances majeures des signaux secondaires.

En pratique, chaque critère reçoit un poids selon son impact réel :

  • les critères d’infrastructure, comme l’hébergement, le DNS, le registar ou les services de messagerie, ont un poids important ;
  • les critères liés aux services tiers, aux CDN, aux scripts externes ou aux outils d’analyse ont un poids variable, mais peuvent fortement peser lorsqu’ils se cumulent ;
  • les critères de transparence technique, comme les en-têtes HTTP ou le fichier robots.txt, servent surtout à détecter des dépendances invisibles au premier regard ;
  • les critères complémentaires, comme la présence de réseaux sociaux alternatifs ou le type de solution de paiement utilisée pour les dons, sont affichés séparément afin d’éclairer le lecteur, sans modifier la note globale.

Cette méthode évite deux erreurs :

La première serait de donner une bonne note à un site simplement parce qu’il utilise un outil connu ou un CMS populaire, alors que son hébergement, ses scripts et ses services tiers dépendent largement d’acteurs extra-européens.

La seconde serait de pénaliser trop fortement un site pour un détail technique isolé, alors que son architecture principale reste maîtrisée, européenne et réversible.

La note cherche à refléter une réalité d’ensemble : plus les choix techniques essentiels sont maîtrisés, transparents et localisés dans un cadre européen ou local, plus le score progresse. Plus le site dépend de plateformes fermées, extra-européennes ou difficiles à remplacer, plus le score diminue.

Le cas particulier du CMS

Le CMS, c’est-à-dire l’outil utilisé pour créer et gérer le site, n’est pas évalué uniquement sur son nom.

Ce point est important.

Un site WordPress auto-hébergé chez un prestataire européen ne pose pas le même problème qu’un site créé avec une plateforme entièrement hébergée et contrôlée par une entreprise américaine.

Par exemple, un site construit avec Shopify, Squarespace ou Wix entraîne souvent plusieurs dépendances en cascade : l’hébergement est généralement géré par la plateforme elle-même, les ressources techniques peuvent être servies depuis des infrastructures extra-européennes, des scripts tiers sont chargés automatiquement, et certains services intégrés comme le paiement, les statistiques, le cache, ou le CDN, peuvent dépendre de prestataires extra-européens.

Dans ce cas, ce n’est pas seulement le CMS qui pénalise la note. C’est l’ensemble de l’écosystème technique qu’il impose.

À l’inverse, WordPress, lorsqu’il est auto-hébergé, laisse davantage de contrôle. Le propriétaire du site peut choisir son hébergeur, ses extensions, ses outils d’analyse, son système de cache, ses services de paiement et ses dépendances externes. Utilisé sobrement, hébergé en Europe et sans extensions inutilement dépendants de services extra-européens, il peut obtenir une très bonne note.

La logique est donc la suivante : ce n’est pas le nom du CMS qui compte en priorité, mais ce qu’il entraîne concrètement en matière d’infrastructure, de dépendance et de maîtrise technique.

Pourquoi certains services font baisser la note

Un site internet moderne charge rarement une seule ressource. Il peut appeler des polices externes, des scripts publicitaires, des outils de mesure d’audience, des vidéos intégrées, des widgets sociaux, des CDN, des solutions de paiement ou des services de sécurité.

Ces éléments peuvent sembler secondaires, mais ils jouent un rôle important. Chaque dépendance externe ajoute un intermédiaire entre le visiteur et le site consulté.

Lorsque ces services sont fournis par des acteurs extra-européens, la dépendance augmente. Cela peut concerner la circulation des données, la disponibilité du service, la capacité à migrer, la conformité juridique ou tout simplement le niveau de maîtrise technique du propriétaire du site.

La méthode valorise donc les sites sobres, lisibles techniquement, peu dépendants de plateformes fermées et construits avec des choix d’infrastructure cohérents.

Comment interpréter la note

La note finale est répartie en cinq paliers, afin de faciliter sa lecture :

Un score de 0 à 34 points correspond à un niveau critique, qui révèle une forte dépendance technique ou un manque important de maîtrise.

De 35 à 54 points, le niveau est considéré comme faible.

De 55 à 69 points, le site atteint un niveau moyen, avec des choix parfois cohérents mais encore plusieurs dépendances à surveiller.

De 70 à 84 points, le niveau est bon et traduit une architecture globalement maîtrisée.

À partir de 85 points, le site est classé excellent : il présente alors peu de dépendances problématiques et une forte cohérence avec une démarche de souveraineté numérique.

La note doit donc être lue comme un outil d’aide à la décision. Elle permet de repérer les points forts, les fragilités et les marges de progression.

Deux indicateurs complémentaires hors notation

Deux indicateurs sont également affichés à titre informatif, sans entrer dans le calcul de la note globale. Ils ne modifient donc pas le score sur 100, mais permettent de rendre visibles des choix que nous considérons importants dans une démarche de souveraineté numérique.

Le premier concerne la présence de réseaux sociaux alternatifs aux grandes plateformes dominantes. Lorsqu’un candidat propose un lien vers Mastodon, celui-ci est signalé par l’icône 🐘. Lorsqu’un lien vers Bluesky est disponible, il est signalé par l’icône 🦋. L’objectif est de montrer si une autre porte d’entrée existe, au-delà des réseaux sociaux les plus centralisés et les plus dépendants des grands acteurs du numérique.

Le second concerne les solutions de paiement utilisées pour les dons en ligne. Lorsqu’un dispositif de paiement européen est identifié, il est signalé par ✅. Lorsqu’il repose sur une solution extra-européenne, le plus souvent américaine, il est signalé par ❌. Ce point est volontairement mis en avant, car la souveraineté numérique ne concerne pas seulement l’hébergement, les scripts ou les outils d’analyse : elle touche aussi aux infrastructures de paiement, qui jouent un rôle stratégique dans la capacité d’une organisation à collecter, traiter et maîtriser ses flux financiers.

Les limites de l’analyse

L’évaluation repose sur les éléments détectables publiquement depuis l’extérieur du site. Elle ne permet pas de connaître tous les contrats, toutes les configurations internes ni les choix exacts faits par l’organisation.

Certaines dépendances peuvent être invisibles. À l’inverse, certains signaux techniques peuvent apparaître sans être réellement critiques.

La note n’a donc pas vocation à remplacer un audit complet. Elle offre une première lecture, accessible et structurée, pour comprendre le niveau de souveraineté numérique apparent d’un site.

L'approche

La souveraineté numérique ne se résume pas à une nationalité affichée, ni à un argument marketing. Elle se mesure d’abord dans des choix techniques concrets : où le site est hébergé, quels services il appelle, quels prestataires interviennent, quelles données circulent, et quelle liberté réelle reste possible en cas de migration.

Cette méthodologie ne prétend donc pas attribuer une souveraineté absolue d'un site internet. Elle cherche plutôt à évaluer son niveau de cohérence avec une démarche de maîtrise et de résilience numérique.

Un site mieux maîtrisé, moins dépendant de services opaques ou extra-européens, plus facilement réversible et plus lisible techniquement, renforce la capacité de son propriétaire à garder le contrôle dans la durée. À l’inverse, un site fortement dépendant de plateformes fermées, de prestataires imposés ou de services difficiles à remplacer expose davantage son organisation à des risques de blocage, de rupture, de changement juridique ou de dépendance opérationnelle.

La souveraineté numérique est une compétence qui s’exerce collectivement, notamment par la puissance publique.

La résilience numérique, elle, se construit concrètement, choix après choix, et peut être observée, évaluée et améliorée. C’est précisément le rôle de cette méthode : rendre visibles les dépendances techniques d’un site pour aider chacun à renforcer sa maîtrise numérique.

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